24/06/2010
Bon matin,
Permettez-moi en commençant de saluer Carole Lavallée. Depuis que je me suis lancée dans l’aventure, depuis que j’ai annoncé ma candidature dans Vachon, Carole me supporte et fait constamment campagne à mes côtés. Son aide est très précieuse et je tiens à le souligner. Merci Carole.
J’aimerais aussi vous saluer de façon particulière. C’est grâce à vous que notre projet de pays est encore vivant. Grâce à tous ceux qui croient, qui militent pour faire arriver le Québec dans le concert des nations.
Cette année, nous soulignons 4 anniversaires marquants de notre histoire. Les 50 ans du début de la Révolution tranquille avec l’élection de Jean Lesage et de René Lévesque en 1960, le référendum de 1980, le 20e anniversaire de l’échec de l’accord du Lac Meech et le 15e anniversaire du référendum de 1995.
Il y 50 ans, le Québec amorça une nouvelle ère. Avec l’élection de l’équipe du Tonnerre, nous nous sommes créés des institutions modernes d’un État et d’une nation moderne. À partir de 1960, la nation québécoise avec sa majorité francophone a repris les rênes de son développement tant économique que social.
C’est dans l’esprit de la Révolution tranquille qu’est né le Parti Québécois. Cet instrument politique que se sont donné les Québécois pour les Québécois. Un parti créé par une figure de proue de la Révolution tranquille, René Lévesque qui affirmait clairement que l’avenir du Québec devait passer par sa souveraineté. Le Québec pour continuer son développement doit détenir l’ensemble des leviers propres à un pays.
Ce qui nous amène au référendum de 1980. La première fois où le peuple du Québec à l’occasion de statuer démocratiquement sur son avenir. Nos adversaires ont utilisé une arme facile, la peur. La peur de perdre sa pension de vieillesse, la peur de ne pas être capable de gérer l’économie du Québec. D’une façon sournoise, ils nous redisaient le Québec est né pour un petit pain. En même temps, des promesses de reconnaissance du Québec et de renouvellement du fédéralisme ont fait rêver. Le résultat vous le connaissez. La position du Canada s’est ensuite durcie avec le rapatriement unilatéral de la constitution par Pierre Elliott Trudeau et la mise en place du multiculturalisme qui marginalise l’existence de notre peuple.
Dans une énième tentative de faire accepter le Canada aux Québécois, les fédéralistes nous ont proposé un accord, celui du Lac Meech. Cet accord devait permettre au Québec de signer la Constitution de 1982 dans « l’honneur et l’enthousiasme ». Le Canada anglais le trouvait trop généreux pour le Québec même s’il contenait le strict minimum selon Bourassa donc à peu près rien pour le Québec. Deux premiers ministres de provinces, ceux du Manitoba et de Terre-Neuve, l’ont torpillé. Ils l’ont fait à la veille de notre Fête nationale.
Deux jours plus tard, les Québécois soufflés d’indignation ont pris la rue. Nous étions plus de 200 000 le 24 juin 1990 à marcher sur la rue Sherbrooke pour dire que le Québec était capable de vivre seul. Le soir du 25 juin 1990 un grand Québécois, M. Jean Duceppe prononça un discours tout à fait d’actualité encore aujourd’hui. Vous me permettrez d’ailleurs de vous le lire.
On n'a rien vu du Québec qui s'en vient. Mes chers amis, à mesure que les jours passent, à mesure que les semaines passent, une évidence s'impose à nos esprits, avec une clarté lumineuse : le Québec est NOTRE SEUL PAYS !
C'est le seul endroit au monde où l'on peut travailler tous ensemble à notre bonheur collectif dans la paix et l'harmonie, loin des compromis mesquins et des ententes conclues dans le secret et la confusion.
Ce Québec, ce pays à faire rêver, je l'aime de tout mon cœur et depuis longtemps. Et je sais que, vous tous aussi, vous l'aimez.
Il faut maintenant travailler tous très fort pour qu'il assume son destin dans la liberté. Une chose est certaine : à partir de maintenant, l'avenir du Québec ne se décidera plus à Terre-Neuve, au Manitoba (j’ajouterai aujourd’hui, en Alberta) ou ailleurs, mais au QUÉBEC, par les QUÉBÉCOIS et les QUÉBÉCOISES !
VIVE LE QUÉBEC !
Jean Duceppe
Vous connaissez la suite. Un vaste mouvement nationaliste, une énorme vague souverainiste déferla sur le Québec. On a même espéré quelques secondes, seulement quelques secondes, que Robert Bourassa réalise la souveraineté du Québec. Il nous a plutôt servi le référendum de Charlottetown. Le message de Charlottetown était on ne peut plus clair. Les Canadiens ont voté contre, car il y en avait trop pour le Québec et les Québécois ont voté contre, car il n’y en avait pas assez pour le Québec. La seule solution possible : La souveraineté du Québec. Au référendum de 1995, nous étions plusieurs à y avoir cru quelques minutes… les minutes avant le scandale des commandites, de l’argent, des tricheries. Nos adversaires ont vraiment tout essayé et tout fait.
Vous savez quoi, la prochaine fois sera la bonne. La peur n’agira plus comme en 1980 et nous ne nous ferons plus prendre comme en 1995.
La prochaine fois, car maintenant plus que jamais, le Canada est loin des valeurs du Québec et plus que jamais, le Canada nuit au développement économique du Québec.
- Dans le dossier des gaz à effet de serre, le Canada favorise indûment les pétrolières de l’ouest au détriment des valeurs environnementales du Québec et aussi au détriment de son développement économique. En ne reconnaissant pas l’hydroélectricité pourtant une des énergies les plus propres de la planète et en changeant la date de référence de 1990 à 2005, le gouvernement canadien nuit directement aux entreprises d’ici
- Avec l’instauration d’une commission des valeurs mobilières unique, le Canada nie le champ de compétence du Québec qu’il veut accaparer à son bénéfice
- En refusant de mettre en place un moratoire sur les exportations d’eau, en refusant d’exclure l’eau des accords de commerce international comme l’ALENA, le Canada vont à l’encontre de la loi québécoise, va à l’encontre des valeurs des Québécois qui disent que l’eau n’est pas une marchandise et qu’on ne doit pas la traiter comme un bien de commerce. Ils poussent même l’odieux de négocier en secret, sans mandat de la population, avec les États-Unis qui commencent à être assoiffés à force de faire de l’agriculture dans le désert.
- En refusant de payer au Québec le 2 G$ pour l’harmonisation TPS, TVQ alors qu’il a payé l’Ontario pour plus de 5 G$
Même le parti libéral du Québec qui a à sa tête un ex-ministre fédéral, un ex-chef de parti conservateur est incapable de s’entendre avec ses amis … conservateurs. C’est pour vous dire… Le Canada est vraiment un cul-de-sac pour le Québec.
La prochaine fois, car les Québécois ont acquis une maturité politique, une confiance en leur capacité. Nous savons maintenant ce que nous sommes capables d’accomplir.
Aujourd’hui, la culture québécoise s’exprime partout à travers le monde. Nos artistes, Céline Dion, Robert Lepage, Guy Laliberté, et bien d’autres, font le tour du monde et font rayonner le Québec.
Nos entreprises se portent à merveille. Que l’on pense à Bombardier, SNC-Lavalin, à Hydro-Québec, à nos entreprises de jeux vidéo, à nos entreprises de recherche, la créativité des Québécois est mise à profit partout à travers le monde.
La prochaine fois, car il n’y a que l’indépendance du Québec qui permettra au peuple du Québec de s’épanouir et de grandir.
Comme pays, le Québec pourra mieux protéger sa langue et sa culture
Comme pays, le Québec accueillera les nouveaux arrivants en français
Comme pays, le Québec pourra participer aux forums internationaux comme Copenhague et devenir un chef de file mondial sur la question des gaz à effet de serre
Comme pays, le Québec récupérera tous ses moyens financiers pour faire les choix qui nous appartiennent.
Cet horizon n’est pas très loin. Sondage après sondage, l’appui à la souveraineté se maintient et même se renforce. Clairement les Québécois rejettent le statu quo. Les Canadiens quant à eux rejettent toute forme d’ouverture vers le Québec même en matière de langue et de culture. Les Québécois savent très bien que le Canada nous dira toujours non sans toutefois oser se l’avouer. Les Québécois savent au fond que jamais aucune revendication nationale ne sera acceptée.
Dans trois ans, peut-être même seulement 18 mois, nous serons en élection générale au Québec. Nous travaillons déjà à mettre en place les éléments pour que nous puissions, lors de notre retour au pouvoir, marcher vers l’indépendance. Entre-temps, ce qu’il nous faut, c’est gagner toutes les batailles qui nous y mènent. Chaque victoire des souverainistes est un pas de plus vers la souveraineté.
La prochaine victoire que nous devons remporter elle est ici dans Vachon. Le 5 juillet, je vous invite à nous aider à envoyer un message clair à Jean Charest.
On veut mieux pour le Québec, on ne laissera pas quelques-uns se remplir les poches et pourrir l’image économique du Québec, il nous faut une commission d’enquête publique sur la construction.
On veut mieux pour le Québec, on ne laissera pas le cynisme à la libéral prendre du terrain en allant voter et en exprimant haut et fort notre pouvoir citoyen.
Il nous reste 11 jours à partir d’aujourd’hui.
Aujourd’hui le 24 juin, notre Fête nationale sous le thème de célébrer notre créativité.
Il nous a fallu être créatif pour apprendre à traverser nos hivers depuis plus de 400 ans. Il nous a fallu être créatif pour survivre en français dans une marée anglo-saxonne en Amérique du Nord.
Encore aujourd’hui, notre créativité se fait sentir à travers le monde par notre culture, nos produits issus de grandes entreprises innovantes, notre énergie renouvelable et propre.
Et notre plus belle création collective sera… Celle du pays du Québec.
Bonne Fête nationale