Enfin !
Enfin !
Enfin ! Voilà le seul mot qui nous est venu à l'esprit lorsque nous avons pris connaissance des propos qu'a formulés André Boisclair pour dénoncer le groupe de propagande Gesca qui aurait tenté, par la diffusion d'un sondage négatif pour le mouvement indépendantiste, de déstabiliser le Parti Québécois à la toute veille d'un caucus de ses députés.
Enfin !, car ça fait plusieurs années que Le Québécois est seul à dénoncer les médias du Québec pour leur parti pris fédéraliste. Historiquement, à peu près aucun chef des partis indépendantistes n'a osé aller aussi loin qu'André Boisclair dans sa critique des médias, et en cela, ce dernier a fait preuve de beaucoup de courage. Un courage que Le Québécois salue bien bas.
La plupart des prédécesseurs d'André Boisclair à la tête du PQ ou du Bloc se sont écrasés devant le pouvoir des médias, hormis Jacques Parizeau qui avait durement critiqué le phénomène de la concentration de la presse quelques mois avant le référendum de 1995 parce que, disait-il, cela ne pouvait que favoriser le camp fédéraliste, et peut-être également Bernard Landry qui, dans À hauteur d'homme, a osé semoncer quelque peu Radio-Canada. À peu près tous les chefs indépendantistes, donc, ont préféré s'incliner devant cette presse canadienne qui désinforme les Québécois dans l'espoir que leur parti qu'ils voulaient ainsi mièvre serait bien traité par les décideurs d'opinion publique qui sévissent dans des médias qui sont la propriété de grands fédéralistes tels que Paul Desmarais. Aucun n'a osé les confronter. Ce qui aurait dû toutefois être. Car la question des médias ne peut qu'être centrale dans le combat que nous menons, nous les indépendantistes, pour libérer le Québec de la tutelle canadienne puisque si nous ne parvenons pas à faire circuler librement nos idées, notre victoire sera toujours qu'utopique. Enfin !, André Boisclair semble décider à corriger la situation en lançant un processus de réflexion quant au rôle véritable joué par les médias dans le dossier national au Québec. Il était plus que temps que cela arrive.
Mais cela étant dit, nous devons toutefois admettre qu'André Boisclair a été quelque peu maladroit dans l'offensive qu'il a lancée contre Gesca en prenant appui sur un seul sondage. Il était prévisible que la courroie de transmission fédéraliste qu'est Gesca répondrait au chef du PQ que le sondage avait été commandé longtemps à l'avance et que par le passé la firme CROP avait aussi produit des études négatives pour les libéraux. Il était prévisible, bref, que les médias accusent André Boisclair de souffrir de paranoïa. Ce qui fut dit et écrit d'ailleurs. Par conséquent, il aurait été préférable que M. Boisclair évite de prêter le flanc aux répliques faciles en s'attaquant plutôt à Gesca pour l'ensemble de son oeuvre de désinformation fédéraliste, au lieu de prendre uniquement appui sur un ponctuel sondage. Or, à la décharge de M. Boisclair, il faut dire que le travail de réflexion concernant les médias n'a jamais été sérieusement fait au PQ. Si cela avait été fait, il aurait pu s'appuyer sur les informations ainsi circonscrites par son parti au fil des ans et développer des arguments plus solides. À l'évidence, il est plus que temps de remédier à pareille situation. Nous en avons une nouvelle preuve ici.
Si André Boisclair a été quelque peu malhabile dans la sortie courageuse et nécessaire qu'il a effectuée, l'autre camp, lui, a été fidèle à lui même. C'est-à-dire démagogique et d'une malhonnêteté sans nom. Il faut vraiment prendre les Québécois pour des idiots pour prétendre, comme l'a fait Éric Trottier, directeur de l'information à La Presse, que seule la ligne éditoriale de ce journal est fédéraliste, alors que le traitement de l'information serait quant à lui équilibré.
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Ce qui est le plus grave à Radio-Canada, ce n'est pas ce que l'on voit. C'est ce qu'on ne voit pas
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Tout d'abord, ce sont les cadres fédéralistes qui décident des assignations qui sont confiées aux journalistes, ce qui se veut bien entendu une façon d'orienter le contenu et même d'éliminer certains sujets qui pourraient porter préjudice à l'unité canadienne. Comme le confiait François Parenteau dans la dernière édition du Québécois : « Ce qui est le plus grave à Radio-Canada, ce n'est pas ce que l'on voit. C'est ce qu'on ne voit pas ». Chez Gesca, c'est le même problème. Plusieurs thèmes sont évitées religieusement, alors que d'autres sont montés en épingle pour nuire au mouvement indépendantiste. Après tout, on peut faire de la politique de bien des façons. Ensuite, important est de dire que les journalistes n'ont aucune prise sur les titres des articles et les manchettes des journaux. Ce qui laisse toute la latitude voulue aux chefs de pupitre et autres cadres pour instiller diverses impressions dans la tête des lecteurs. Ce groupe de presse s'évertue aussi à ne point engager d'indépendantistes, ce qui se veut un contrôle certain sur le traitement de l'information qui y est effectué. L'objectivité n'étant point de ce monde, la direction de Gesca s'assure ainsi d'éviter les dérapages indépendantistes au niveau de ses chroniques certes, mais également de ses articles. D'ailleurs, ce critère d'embauche est inscrit dans la charte même d'embauche de ce groupe de presse. C'est Paul Desmarais lui même qui l'a confié à son biographe Dave Greber (Paul Desmarais : un homme et son empire, Éditions de l'Homme, 1987, pp. 205-210). Et finalement, nous avons démontré dans le livre Nos ennemis, les médias (que nous vous invitons d'ailleurs à lire) que la couverture de la campagne référendaire de 1995 effectuée par le journal La Presse avait accordé un avantage sans conteste au camp du Non. En fait, 54 % des articles étaient favorables au Non dans ce journal alors que 30 % des articles étaient favorables au Oui. Peu importe la façon retenue pour obtenir de tels résultats, il reste que quelqu'un, à quelque part à La Presse, travaille pour qu'il en soit ainsi ! Et il y parvient avec une efficacité redoutable.
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Nous invitons aussi tous les militants indépendantistes à se manifester sous une forme ou une autre de façon à faire savoir à leur chef Boisclair qu'ils l'appuient fermement dans ce combat, mais également pour indiquer aux médias fédéralistes que la coupe est pleine et qu'ils n'accepteront plus qu'ils diffament impunément le projet de société qu'ils chérissent, celui qui consacrera enfin la liberté du peuple québécois
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En terminant, Le Québécois tient à faire savoir au chef du Parti Québécois que s'il compte poursuivre sur sa lancée critique à l'égard des médias fédéralistes, il pourra toujours compter sur son soutien indéfectible. Ce combat qu'il semble vouloir engager est trop important pour qu'il soit seul à le mener. Il faut donc l'appuyer. D'ailleurs, nous sommes nombreux à partager cette analyse critique des médias québécois, à preuve notre Manifeste lucide pour la fin de l'hégémonie fédéraliste sur l'information (disponible dans les librairies ou par le site du Québécois), cosigné par une pléthore de personnalités québécoises des plus illustres, notamment Victor-Lévy Beaulieu, Claude Jasmin, Jean-Marc Léger, Andrée Ferretti, Yves Michaud, Pierre Falardeau et bien d'autres. Nous invitons aussi tous les militants indépendantistes à se manifester sous une forme ou une autre de façon à faire savoir à leur chef Boisclair qu'ils l'appuient fermement dans ce combat, mais également pour indiquer aux médias fédéralistes que la coupe est pleine et qu'ils n'accepteront plus qu'ils diffament impunément le projet de société qu'ils chérissent, celui qui consacrera enfin la liberté du peuple québécois. Ensemble sur le même champ de bataille, chef comme soldats, nous parviendrons à libérer la parole du Québec français. En cela, le mouvement enclenché hier par M. Boisclair ne peut qu'être des plus salvateurs. Alors, bravo M. Boisclair ! Vous êtes vraiment en train de faire la preuve que les militants ont eu pleinement raison de vous faire confiance en novembre dernier.
Patrick Bourgeois
Pierre-Luc Bégin
Le Québécois, la libération par la plume !
www.lequebecois.org